La compréhension d'autrui est quelque chose d'extrêmement difficile.
Nous sommes tellement limités par notre façon de voir les choses qu'il est difficile de comprendre les actes d'une autre personne sachant que sa vision des choses n'est pas la même que la notre.
Et même sur des situation du quotidien ou la vision des choses interfère peu, nous sommes incapables de comprendre les autre.
Quand on roule dans une rue et qu'une voiture se gare en travers de la route, on va considérer que la personne est un enfoiré, et qu'il a tort. On appelle la police et elle vient dégager la voiture et lui mettre un PV et on pense "c'est bien fait, je suis en retard à un entretien d'embauche à cause de lui, mais sa voiture est à la fourrière. Triste consolation".
Une semaine après, on doit déposer son frère au conservatoire pour une audition de laquelle va dépendre son passage à l'année suivante, on se gare n'inporte comment en se disant que pour deux minutes, vu qu'il s'agit d'une rue que très peu fréquentée, c'est pas dangereux, on a du mal à trouver la salle, et quand on revient on a sa voiture qui est partie à la fourrière, on peut plus aller bosser ni même ramener son frère à la maison à la fin de la journée, et on va devoir faire un crédit de plus pour payer l'amande. On pense à l'enfoiré qui nous a dénoncé, et au flic qui n'a pas pensé à notre situation extrêmement embarrassante. On se demande même pourquoi les gens sont aussi cruels envers les autre.
Un mois après, on a réussi un entretien d'embauche, et on devient policier. Tout les jours des dizaines de personnes appellent parce qu'une personne a bloqué une rue avec sa voiture. Au début on essaye d'être gentil, on mets l'amende mais on appelle pas la fourrière, vu que la plupart du temps le propriétaire revient vite. Mais très vite, on change de point de vue. De un , on se rends compte que la seule solution de faire arrêter les gens qui se garent n'importe où est de punir pour empêcher les gens de toute envie de récidive, à ces enfoirés qui ne respectent pas la loi et qui donc sont des égoïstes qui se considèrent comme ayant plus de droit que les autres, et n'hésitent pas à les gêner pour leurs besoins personnels. De plus, quand la voiture fait partie des 5% qui ne reviennent pas dans les 10 minutes, on se retrouve face à un grave problème pour beaucoup de gens coincés derrière.
Dans ces trois situations, c'est la même personne qui la vit selon un point de vue différent.
Il est facile de voir que tout les points de vue sont défendables. Il vous serait difficile de savoir laquelle des personne est en tort dans l'histoire.
Hors nous sommes dans le cas de personnes qui sont les même : elles ont eu la même éducation étant jeune, a peu près le même vécu...
Comment comprendre quelqu'un qui n'a pas la même philosophie de la vie que nous, quelqu'un qui voit le monde différemment, quelqu'un qui n'a pas tout à fait les même notions de bien et de mal.
Par exemple, quelqu'un de raciste. Presque tout le monde va dire qu'il a tort (et presque tout le monde aura raison d'ailleurs). Mais peut on comprendre quelqu'un qui doit passer tout les jours dans un quartier sensible près duquel il habite pour aller travailler, qui s'est fait racketter trois fois et qui a retrouvé sa voiture brulé, et qui voit une fois sa maison taguée, et que, à chaque fois c'était des arabes. (d'ailleurs d'un point de vue analyse du racisme, on pourra dire que ce n'est pas une coïncidence. La logique dit que moins tu éduque les gens plus ils font des "bêtises". Et comme les quartiers les plus pauvres sont les moins éduqués et que les immigrés ne sont pas assez riches pour s'installer ailleurs...)
Enfin, donc, cette personne, qui a plusieurs fois "subi" ces arabes va facilement se dire que les arabes sont plus chiant que les autre, et que si on les renvoyait chez eux ça supprimerait ces quartiers de dégénérescence.
Par contre quelqu'un qui a dès l'enfance eu des amis de toutes nationalité et toute religion confondues, aura une tendance naturelle à dire que le racisme et les lois sur l'immigration c'est du n'importe quoi.
Comment ces deux personnes pourraient mutuellement se comprendre?
Maintenant imaginons encore pire, deux personnes dont les familles sont complètement différentes. Comment quelqu'un a qui on a toujours dit que dieu, c'était comme le père noël, un joli mensonge pour faire rêver les gens, pourrait comprendre quelqu'un qui va devenir prêtre et passer sa vie à servir Dieu?
Bon, après tous ces exemple de natures différentes, il faut commencer à chercher à répondre à la question. Comment comprendre autrui?
La réponse est évidement "il faut se 'mettre à la place' d'autrui."
Par exemple, on s'est longtemps demandé comment des extraterrestres agiraient si ils arrivaient sur terre. Dur à dire, on ne connais rien de leur culture, ni de leurs objectifs envers cette planète habitée par nous et (a priori) habitable par eux. Ca dépends d'énormément de choses.
Mais une des meilleures réponses que l'on puisse avoir a été obtenue comme telle : "si dans 4000 ans, nous sommes dans la capacité de voyager dans l'espace sur de très grandes distances, et que nous tombons sur une planète d'êtres sous-développés par rapport à nous (qu'ils soient encore à un système féodal, ou qu'ils soient en train d'inventer la bombe A), comment réagirions nous?
Comme on ne sait a priori pas comment nous serons dans 4000 ans, nous devons mettre au point plusieurs hypothèses.
1 : Leur planète nous intéresse, et on veut la "prendre", mais dans ce cas, avec 4000 ans d'avance technologique, les pauvres gens ne font pas un pli. Donc si des ET nous ont trouvé, ils ont pas agi comme ça.
2 : On a résolu le problème de surpopulation, et on n'a pas "besoin" de leur planète.
Donc:
2.1 : soit on entre en communication avec eux.
2.2 soit non. Auquel cas notre seul envie serait de les observer pour comprendre le fonctionnement de leur civilisation. Ce serait une chance scientifique terrible.
..."
Tout le raisonnement part comme cela.
Mais qui réfléchi réellement comme cela dans la vie de tout les jours?
Qui chercherait à comprendre le flic qui lui a collé son PV?
Avant que nous arrivions à comprendre autrui, il faudra déjà commencer par chercher à le comprendre.